Un téléphérique au Vieux Chaillol ?!

Les projets de nouveaux téléphériques fleurissent dans les Hautes-Alpes. Heureusement, ils fanent aussi. Et ça, ça nous fait plaisir ! La neige et la glace fond, les canons à neige galèrent dès qu’il fait doux… alors si on montait des pylônes plus haut, de préférence sur la face sud d’un sommet emblématique du Champsaur.

On peut retrouver quelques points communs dans les projets touristiques des Hautes-Alpes, comme monter plus haut en altitude et en gamme.
Faire venir la bourgeoisie, pour leur tirer des sous c’est pas forcément une mauvaise idée, mais là, il ne s’agit pas de jouer aux robins des bois. Mais plutôt de développer « l’attractivité du territoire », comme ils disent dans les prospectus de propagande institutionnelle fourgués dans les boîtes aux lettres.
Le tourisme des riches a besoin de plus pauvres, de trimard·e·s comme nous pour se mettre bien. Le risque, c’est qu’actuellement l’immobilier flambe dans le département et qu’au final ce genre de développement touristique nous coûte cher ! Et encore, je ne parle pas de tous les animaux et des plantes qui vont être délogé·e·s, ni de l’impact sur l’agriculture avec toujours plus de surfaces artificialisées.

Mais on va encore dire qu’on est contre tout. Alors que leurs projets, ils sont vraiment nazes, et que nous, on en a plein d’autres en tête : être paysan·ne·s, faire des randos avec des gamin·e·s des grandes villes et de leurs banlieues, organiser des bô spectacles pas cher, cueillir des plantes et les faire sécher ou mariner, se réapproprier le barrage de Serre-Ponçon collectivement, détruire le capitalisme, construire des cabanes sur tous les rond-points, développer une économie basée sur l’entraide et la solidarité, et puis plein d’autres choses très chouettes qui nous rendraient un peu plus libres et plus heureuses et heureux que de continuer à torcher le cul des bourges !

Dans ce genre de projets financés avec les deniers publics :

  • Le projets du Fort-des-Têtes à Briançon, avec ses hôtels et restaurant de luxe, son téléphérique, etc. D’ailleurs, si vous avez des nouvelles du projet, ça pourrait être intéressant !
  • Le projet du golf aux Crots, pour renflouer les poches de la famille Berenguel, et puis c’est vrai qu’on aime le golf dans le 05 ! C’est bien connu. Les lapins et les champignons aussi aiment ce magnifique sport. En tout cas, ça commence à remuer contre ce projet.

Rassemblement sur la zad du lac

Depuis le 17 avril, quelques dizaines d’ hectares de terrain au bord du lac de Serre Ponçon, sur la commune de Crots ont été déclarées Zone A Défendre par une troupe d’opposants au projet d’un 3eme golf dans les Hautes (...)

  • Et puis y a le projet de téléphérique à La Grave. Ça se bouge aussi contre ce projet À voir si y a pas un petit revival des années 70.
Le 17 Novembre 1976, le nouveau téléphérique de La Grave attaqué à l’explosif.

En tout cas, pour revenir à nos brebis du Champsaur, ça bouge aussi là-haut contre ce projet.
Vous pouvez retrouver ci-dessous leur communiqué de presse.

Cliquez sur l’image pour lire le communiqué

L’idée géniale c’est de bâtir un "télépulsé" jusqu’au col de la Pisse à 2400m d’altitude où l’on pourra se prélasser au restaurant d’altitude, en regardant les marmottes manger nos miettes.

Participer à une enquête publique, ok, on a bien vu ce que ça donnait pour la ligne THT de la Haute-Durance, malgré une participation de plus de 2000 personnes dont 98% d’avis défavorable [1], la ligne s’est belle et bien construite. Après pourquoi pas, si ça permet d’en parler.

La "mairie annexe" militarisée de l’enquête d’utilité publique du projet de centrale nucléaire à Plogoff.

Mais si on fait un petit détour historique sur l’histoire des enquêtes d’utilités publiques, on trouve aussi des tentatives d’empêchement comme la construction du barrage de Tignes dans les années 40 ou dans les luttes anti-nucléaires de la fin des années 70 [2]. Plus récemment, dans l’Aveyron, pareille tentative de sabotage de l’enquête a eu lieu contre la construction d’un énorme transformateur et de centaines d’éoliennes sur des terres agricoles. [3]

Le chantier du barrage de Tignes. Une cinquantaine d’ingénieurs et 5 000 ouvriers œuvrent sur ce dangereux chantier. En 5 ans 30 d’entre eux y trouvent la mort.

Frédéric Graber, historien, explique bien cela :

Dans les deux modèles, l’enquête se présente comme une technologie politique permettant conjointement d’améliorer le projet et de gérer les oppositions. Elle permet d’anticiper ce qui peut l’être, de prévoir les obstacles de toutes natures, afin que le projet puisse ensuite être réalisé rapidement sans difficultés ni résistances. L’opposition est appelée à jouer un rôle dans ce processus : elle doit améliorer mais ne doit pas renverser ; qu’elle soit formatée comme minorité au sein d’une commission d’enquête ou que la recevabilité de ses arguments dépende directement de sa capacité à proposer un meilleur projet, l’intervention de l’opposition n’est souhaitable ou permise qu’autant qu’elle est constructive. L’enquête a une dimension pédagogique – elle forme à l’esprit d’association et d’entreprise en impliquant ceux qui pourraient s’opposer au projet – et permet plus largement d’avoir un effet sur l’opinion : entendre l’opposition et bien la traiter satisfera ceux qui s’y reconnaissent et les calmera. Mais l’enquête se présente surtout comme un dispositif qui ouvre la critique dans des conditions bien contrôlées, pour mieux la refermer ensuite : on prétend que tout le monde a dit ce qu’il avait à dire, ou que tous les arguments qui pouvaient être légitimement avancés ont été entendus ; dans les deux cas, l’enquête prétend avoir saisi une totalité et son terme marque par la même occasion la fin de toute opposition légitime. [4]

Voilà, je vous laisse lire tout ça et trouver les moyens qui vous semblent les plus appropriés pour lutter contre ce genre de projets !

Notes :

A lire aussi...